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Révolte en Biélorussie : Menaces de sanctions européennes

Publié le 8 septembre 2020

Plusieurs dizaines de milliers de Biélorusses ont bravé les intimidations du pouvoir et manifesté dimanche, à Minsk et dans d'autres villes du pays, pour dénoncer la réélection contestée d'Alexandre Loukachenko. 

Lors de l'un des plus grands rassemblements d'opposition de l'histoire de la Biélorussie, près de 100 000 manifestants ont réclamé, dimanche, à Minsk, le départ du président Loukachenko qui demande à ses partisans "de défendre l'indépendance du pays". Les manifestants ont bravé les intimidations du pouvoir et manifesté pour dénoncer la réélection contestée d'Alexandre Loukachenko. 

C'est l'un des plus grands rassemblements d'opposition de l'histoire du pays. Lors de la "Marche pour la liberté", les manifestants se sont dirigés au milieu des chants et des klaxons de voitures vers le monument érigé en mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale. Les contestataires portaient à bout de bras un gigantesque drapeau blanc et rouge, les couleurs de l'opposition.

La police biélorusse a fait état de 633 arrestations et une arrestation symbole de l'intensification de la répression de la part des autorités a été celle de l'opposante Maria Kolesnikova, l'une des seules figures importantes du mouvement de protestation ayant choisi de ne pas s'exiler à l'étranger.

Menaces de sanctions européennes

En réaction, le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, a appelé les autorités biélorusses à "la libération immédiate" des opposants politiques et rappelé qu'elle imposerait des sanctions "aux personnes responsables" de la répression dans le pays.

L'Union européenne a donné, vendredi 14 août, son feu vert pour sanctionner les responsables de la répression menée en Biélorussie. "L'UE va maintenant lancer un processus de sanctions contre les responsables des violences, arrestations et fraudes liées à l'élection", a annoncé la ministre suédoise des Affaires étrangères, Ann Linde, à l'issue d'une vidéoconférence avec ses homologues européens. Les 27 sont d'accord pour déclencher la procédure pour de nouvelles sanctions. 

La Biélorussie est toujours sous le coup d'un embargo sur les ventes d'armes et de matériel pouvant être utilisé pour la répression. Quatre personnes sont déjà interdites de séjour dans l'UE et leurs avoirs ont été gelés depuis 2016. Les nouveaux noms s'ajouteront à cette liste.

L'UE veut forcer le président Loukachenko à s'engager sur un plan de médiation en trois points proposé par la Lettonie, la Lituanie et la Pologne, voisins de la Biélorussie.

Les propositions de la Pologne et  de la Lituanie 

Le gouvernement polonais a prévu une enveloppe de 11 millions d'euros pour aider les Biélorusses à obtenir des visas et financer leur installation en Pologne et pour soutenir les médias indépendants et les organisations non gouvernementales en Biélorussie, a annoncé, vendredi, devant le Parlement, le Premier ministre Mateusz Morawiecki. Sont également prévues des bourses pour les Biélorusses poursuivant leurs études dans les universités polonaises.

La Lituanie a de son côté proposé de soigner les manifestants biélorusses blessés au cours des manifestations et suggéré la mise en place d'un fonds de l'Union européenne pour aider "les victimes de la répression". Le pays a accueilli l'opposante biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa, contrainte à l'exil après avoir contesté la victoire d'Alexandre Loukachenko. 

 

Pour en savoir plus 

France 24