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Les priorités de la présidence allemande du Conseil de l’Union européenne

Publié le 22 juillet 2020

L’Allemagne a pris le 1er Juillet dernier la présidence du Conseil de l’Union Européenne. Succédant à la présidence croate et s’étalant jusqu’en janvier 2021, cette présidence sera dominée par la recherche conjointe d’une sortie à la crise actuelle et d’une réflexion sur l’avenir de l’Europe. Cette ambition est d’ores et déjà présente dans la volonté de choisir un ruban de Möbius comme logo du programme allemand intitulé « Tous ensemble pour relancer l’Europe », signe d’inclusivité et d’innovation.

 

Le projet allemand peut être décomposé en six grandes priorités :

  • Maitriser durablement la pandémie de Covid-19 tout en prônant une relance forte de l’économie
  • Rendre l’Europe plus fort et plus innovante, s’appuyant notamment sur une souveraineté numérique durable
  • Rendre l’Europe plus juste, en promouvant l’égalité des sexes et la solidarité
  • Rendre l’Europe plus durable, en encourageant une politique climatique ambitieuse.
  • Assurer une sécurité et une coopération au sein de l’Union, en matière d’état de droit, de lutte contre le terrorisme et de gestion des crises migratoires.
  • Mettre l’Europe au premier plan de la scène internationale

Par ailleurs, une des premières priorités de la présidence allemande sera de rapidement conclure les négociations sur le cadre financier pluriannuel (CFP) pour la période 2020-2021.

 

 

La réponse européenne à la pandémie de Covid-19

Une des premières priorités de la présidence allemande sera d’impulser une réponse forte pour faire face à la crise de Covid-19.

Pour ce faire, l’Allemagne propose de lever progressivement les restrictions liées à la crise dans le trafic transfrontalier dans l’objectif de sauver le marché unique européen, mis à mal par cette crise, et ainsi créer les conditions nécessaires à la reprise économique.

Cette reprise économique devra se faire par le biais d’une stratégie de croissance durable et inclusive annonce l’Allemagne, reposant sur le Green Deal et une cohésion social forte. Dans cette perspective, l’Allemagne a pour ambition de créer rapidement un instrument de relance temporaire et ciblé s’inscrivant dans le CFP.

La présidence allemande compte également tirer les leçons de cette crise et renforcer, dans les domaines stratégiques de production, la capacité d’action et d’organisation de l’UE dans le sens de la souveraineté européenne en matière de santé par exemple, et d’approvisionnement en fourniture médicale et médicaments.

 

 

Une Europe plus forte et plus innovante

La pandémie de Covid-19 a mis en lumière la nécessité de développer une souveraineté numérique de l’UE afin de détenir une capacité d’action autonome.

C’est sur ce point que veut insister l’Allemagne en encourageant la recherche et le développement technologique en matière d’intelligence artificielle ou de technologie quantiques. L’objectif est notamment de permettre à l’UE de conserver son champ d’action tout en conservant la sécurité des données et la préservations des valeurs européennes.

Cette souveraineté numérique aura pour ambition de permettre une plus grande compétitivité de l’UE. A noter que l’Allemagne compte s’appuyer sur les PME pour parvenir à la mise en place d’une transition numérique et économique forte.

 

Une Europe juste

L’Allemagne tient à mobiliser les valeurs de cohésion sociale, de protection sociale et de solidarité européenne pour rendre l’Europe plus juste.

En premier lieu, l’Allemagne s’engage à développer un cadre européen pour des salaires nationaux minimum afin de renforcer la protection des travailleuses et des européens.

Par ailleurs, la proposition de réglementation relative au régime européen de réassurance des prestations de chômage sera une des priorités de la présidence allemande afin de poursuivre la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux. Enfin, en s’appuyant sur la base de la « note d’orientation » de la Commission, l’Allemagne tient à améliorer l’application par les États membres des conditions de travail, en particuliers des travailleuses et travailleurs saisonniers.

L’éducation et la formation constitueront également une priorité pour la présidence allemande. A cet égard, la coopération transfrontalière et la mobilité d’apprentissage seront au cœur des préoccupations du Conseil de l’UE. Sur ce point, la volonté d’aider la jeunesse européenne n’est pas absente. Le Conseil entend renforcer les offres de travail destinées aux jeunes et davantage les impliquer dans l’union par leur engagement.

Enfin, et non pas des moindres, l’égalité entre femmes et homme sera au cœur de la prochaine présidence. Pour ce faire, l’Allemagne tient à mettre en place une égalité salariale parfaite en Europe et lutter contre tous types de violences à caractère sexiste.

 

Une Europe durable

La question climatique et environnemental sera également au cœur de la prochaine présidence allemande. Ainsi, le Conseil a d’ores et déjà annoncé que l’UE s’alignerait sur le programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies.

Un des plus grands chantier de la commission sera la mise en place et l’accompagnement du pacte vert pour l’Europe en relation avec la Commission. L’objectif est d’assurer la protection du climat, de l’environnement et de la biodiversité. Le pacte vert aura également vocation à contribuer à la gestion des conséquences de la pandémie de Covid-19 et à la durabilité et à la compétitivité de l’économie.

La présidence allemande aura également vocation à œuvrer au projet de législation européenne sur le climat qui prévoie notamment, de façon juridiquement contraignante, la neutralité climatique de l’Union européenne à l’horizon 2050.

De même, la question des nouvelles énergies sera au cœur de la présidence du Conseil pour les 6 mois à venir. La volonté est annoncée de promouvoir un développement rapide de l’éolien off-shore ainsi qu’un approvisionnement énergétique sûr et viable avec des gaz neutres en carbone et de préférence sans carbone

L’Allemagne aura donc vocation à mettre l’Union sur le devant de la scène internationale, en promouvant une diplomatie climatique audacieuse et engagée.

 

Une Europe de la sécurité et des valeurs communes

L’Europe est pour tous synonyme de liberté et de sécurité qu’importe l’origine, la conviction ou la conception de ses résidents. Et la présidence allemande s’inscrira dans cette vision.

L’État de droit est la condition essentielle pour protéger les valeurs européennes et elle sera également, au centre des intérêt de cette présidence. Le récent plan de relance européen et la distribution de ses fond sera corrélée au respect de cet Etat de droit.

Le conseil s’engagera également à poursuivre le travail entamé depuis plusieurs années et visant à faire adhérer l’Union européenne à la Convention européenne des droits de l’Homme.

En termes de sécurité, la présidence allemande visera à favoriser la coopération transfrontalière entre les différents services de polices et de justice afin de lutter efficacement contre la criminalité transfrontalière et les menaces terroristes et extrémistes. A cet égard, le renforcement d’Europol sera essentiel.

La réformation du régime d’asile européen commun (RAEC) fera aussi l’objet d’une grande attention de la part du Conseil afin de créer un système juste, opérationnel et efficace. L’objectif sera principalement d’empêcher que des États membres individuels soient surchargés, grâce à une répartition équitable des personnes en quête de protection ainsi que de lutter efficacement contre les mouvements secondaires.

Par ailleurs, afin de faire face à la migration irrégulière et de lutter efficacement contre le trafic d’êtres humains, la présidence allemande aura comme fonction de rendre rapidement le nouveau mandat de Frontex opérationnel.

 

Une Union européenne capable d’agir pour un ordre international partenarial et fondé sur des règles.

Afin de renforcer la place et le poids de l’Union européenne sur la scène internationale, la présidence du Conseil veillera, en coopération avec le haut représentant, à mettre en œuvre une coopération de l’UE avec l’ensemble des acteurs internationaux.

En premier lieu avec les États-Unis, à travers un vaste dialogue politique. Mais également avec un partenariat entre l’UE et le Royaume-Uni qui sera au cœur des priorités du Conseil. De même, la coopération entre l’Europe et la Chine doit se poursuivre et s’intensifier sur des intérêts et valeurs communes, en partenariat avec le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) et la Commission.

Enfin, le besoin d’adopter un programme Europe-Afrique et approfondir avec l’Afrique le partenariat politique est indispensable pour la prochaine présidence

Le Conseil veillera également à s’engager dans la gestion des grands conflits internationaux (résolution du conflit en Libye, gestion des conséquences de la crise en Syrie, résolution de la question nucléaire avec l’Iran, pour le Sahel et l’est de l’Ukraine).

L’engagement de la présidence allemande sera complet dans la perspective de l’adhésion des pays des Balkans occidentaux à l’UE et en particulier, les négociations d’adhésion en cours avec la Serbie et le Monténégro.

Enfin, le Conseil s’engage à contribuer à faire avancer la coopération avec les organismes internationaux tels que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) mais également l’OTAN à travers le dialogue et la transparence